Mes chères parents, mon petit frère chéri, mes amis du pays de Lorient, cette journée du 3 juillet 1940, vous marquera à jamais dans vos chaires. Pour moi, elle fut celle qui me donna le courage de vous gribouiller ces lignes avec Michel, qui transmettra si Dieu le veut. Je ne suis pas dans ma chambre, au bord de ma fenêtre , qui s’ouvre sur l’immensité de l’océan. Hélas, je suis dans ma tourelle explosée en feu, coincé par la culasse qui c’est ouverte sur mes jambes. J’ai encore le temps de vous dire combien je suis heureux d’avoir passé toutes ces années dans notre maison. L’eau envahie doucement le compartiments, mais je ne sais pour combien de temps. L’ordre d’évacuation a été donné. Demain, c’est mon anniversaire, 22 ans déjà, que le temps passe. Je commence à avoir froid, et les grondement se font de plus en plus pressant à l’arrière de mon bâtiment. Il n’a pas eu de chance, c’est lui que les Anglais ont touché en premier. Je pense, à la jeune fille que j’ai rencontré, voilà un mois. Une fille du pays, elle est de Mers-el-Kébir mon premier amour. J’entends taper sur mon tribord avant, c’est mes camarades qui sont dans la soute à munition en fond de cale. Pour eux, la fin est proche. J’ai peur maman, c’est dur de te quitter. La peur est bien réelle. Je ne sais plus qu’elle heure il se fait, autour de moi, je sens le mazout, l’huile qui brûlent. Je grelotte de plus en plus, je perds du sang par ma plaie à la jambe. Michel, ne peut rein faire, il me tient la main, il pleure de rage. Je vois dans ses yeux l’impuissance. Une explosion vient de secouer la Bretagne, je sens la coque se couche sur tribord, l’arrière, s’enfonce aussi. Mes copains tapent comme des fous sur les cloisons. Je vais vous quitter, pour que Michel puisse sauver sa carcasse. Je quitte ce monde avec regret, trop courte la vie. . Je vous aime, embrassez toute la famille .Adieu.