Intruders Canada vous offre une entrevue d'été rafraichissante où il est question de performance, de court-métrage, de communauté Web, d'éléments de fiction générés par l'utilisateur et de ce qui pourrait devenir un nouveau modèle de création collective aux confins du cinéma, de la télévision et du Web 2.0. Participant au dernier Cabaret Kino , la réalisatrice Marie-Louise Gariépy , qui partage notamment ses réflexions sur le blogue Video Qualia , n'avait qu'une semaine pour faire un film. Jimi Whyte , son personnage principal, est une immense rock star au Québec. Pour le rendre crédible en quelques jours de tournage, il fallait le rendre très médiatique. Plutôt que d'utiliser des symboles de presse ou de télé, Marie-Louise a inscrit son héros sur Facebook et lui a créé un fan club . Avec l'aide de quelques amis, le groupe a vite dépassé la centaine de membres. Priés de se projeter en fans de Jimi Whyte, ceux-ci ne se sont pas fait priés, fournissant à Marie-Louise une précieuse matière pour son film. Du coup, elle a incorporé dans celui-ci des éléments d'interfaces 2.0 célèbres (Facebook, YouTube, Wikipedia...), utilisant Internet comme un élément de style et de décor et reflétant du même coup la place qu'il a pris dans nos vies. Le film est terminé, mais le personnage de Jimi Whyte continue sa vie propre sur Facebook. Quelqu'un lui a inventé un frère jumeau et il pourrait réapparaitre bientôt sur MySpace ou Blogspot. Au-delà de son histoire, on imagine un nouveau processus de production de fiction dans lequel le public contribuerait à nourrir l'histoire en cours de scénarisation. On entrevoit même l'émergence possible d'une fiction « open source », un personnage pouvant alors se dédoubler quand une nouvelle équipe de scénaristes ou une partie de la communauté souhaite le voir évoluer dans une autre direction.