Mes yeux scotchés sur une racine échouée. Entité magique, déesse mutilée. Une obsession adhère à cette souche lui confère une aura. Elle est belle, stoïque et plastique... "tout à fait à mon approche esthétique !" de grands axiomes coupés, de grandes faces géométriques. D'innombrables petites tentaculaires... synaptiques ! Néo-post? Attributs emphatiques et fatigants, et creux. Ils dénaturent le regard et la "poïetique". J'ai vu des membres coupés. Et nous savons bien que lorsque l'on coupe les bras et les jambes d'une divinité, c'est les monts et vallées, le temps et l'espace que l'on cisaille ! C'est cette limite entre un univers rationnelle, fonctionnel et celui de la fiction qui oscille devant la caméra. (tripotage n°1...) La majorité des personnes présentes ont aussi perdu leur âme. Dans le décors, le cadrage et le montage. Par vengeance j'ai aussi coupé leurs membres et leurs mouvements. Dialectique (blabla) entre eux et cette racine magique. La narration est minimale, leitmotiv sonore. une tragédie ! Non...une mélodie infantile, innocente. La méthode c'est l'attente. Le hasard fait bien le chose puisque c'est un pêcheur qui va s'aligner sur ma lentille. Un pêcheur rêveur qui va même oublier sa canne, comme parfois j'oublie ma caméra. Une petite scène tournée ultérieurement avec un élément trouvé dans le décors "naturel" trône, tel le point d'inflexion de cette petite histoire. La tangente passe par ce point où les rêveries commencent (fondu au blanc = rêve . ) C'est avec ironie que mes fantasmes de transfiguration font de moi le nouveau messie (et j'écarte les bras !). Ma symbiose avec le monde est si parfaite que je vais me transformer en homme-bidon. Car finalement tout ce discours sur l'homme "unidimensionnel" est aussi un peu bidon. Cette vidéo c'est la spontanéité. Un courant opaque impossible à remonter sans le rendre insipide.