(AFP) La création de la FSK était prévue par le plan du médiateur de l'ONU pour le Kosovo, Martti Ahtisaari. Ce plan, définissant pour le Kosovo une indépendance sous surveillance internationale, n'a pas reçu l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU. (RFI) La Serbie usera de tous les moyens diplomatiques pour annuler cette décision La création de la FSK figure dans le plan du médiateur de lONU pour le Kosovo, Martti Ahtisaari. Or, les Serbes ne veulent pas entendre parler de ce plan qui na jamais reçu laval du Conseil de sécurité des Nations unies. Le chef de la diplomatie serbe, Vuk Jeremic, estime que cette force de sécurité est « illégale », « la FSK représente une menace directe pour la sécurité nationale », Belgrade considérant toujours le Kosovo comme lune de ses provinces. Aux yeux des dirigeants serbes, la FSK ne fera que contrôler tout ce qui vient de Serbie au Kosovo. « La situation est dautant plus grave que le commandant de la FSK est Sylejman Selimi, connu pour les crimes contre les Serbes », a souligné le président du Conseil national serbe du Nord du Kosovo, Milan Ivanovic. Sylejman Selimi a été le chef militaire de lUÇK lors du conflit de 1998-1999. « Seule une démilitarisation de la région est une solution durable pour la paix », a également estimé le ministre serbe pour le Kosovo, Goran Bogdanovic. Le président Boris Tadic prévient que la Serbie « usera de tous les moyens diplomatiques pour annuler cette décision ». Tous les pays qui participent à la KFOR ne sont dailleurs pas favorables à la mise en place de la FSK. LEspagne qui na pas reconnu lindépendance du Kosovo, a déjà prévenu que ses hommes ne participeraient pas à lencadrement de la FSK. (Reuters) Les 120.000 Serbes vivant dans des enclaves au Kosovo, parmi deux millions d'Albanais, assurent qu'aucun d'entre eux ne fera partie de cette armée du Kosovo, qui a proclamé son indépendance en février 2008. "Les Serbes ne doivent absolument pas s'enrôler dans cette force", a ainsi déclaré Bojan Nikolcevic, un ouvrier de 33 ans qui habite dans l'enclave serbe de Strpce. Selon lui, l'armée qui a vu le jour mercredi est ni plus ni moins la continuation de l'UÇK (Armée de libération du Kosovo), qui a lutté contre l'armée serbe durant le conflit séparatiste de 1998-1999. Les dirigeants serbes du Kosovo et les autorités de Belgrade ont au demeurant demandé aux Serbes kosovars de ne pas participer à cette FSK, qui sera entraînée et supervisée par 15.000 soldats de la paix de l'Otan. Pour le ministre serbe des Affaires étrangères, Vuk Jeremic, "la prétendue Force de sécurité du Kosovo ne peut être perçue par la Serbie que comme une menace directe contre sa sécurité nationale et contre la paix et la stabilité dans la région". "Nous continuerons à protester fermement (contre cette initiative) et nous utiliserons toutes les voies et tous les moyens diplomatiques (...) pour que ce groupe paramilitaire soit dissous", a poursuivi Vuk Jeremic lors d'une conférence de presse pendant une visite en Slovénie. La constitution de cette force kosovare, officiellement créée mercredi, viole, a-t-il ajouté, la résolution 1.244 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée en 1999, qui stipule la dissolution de l'UÇK. De nombreux responsables de la nouvelle Force de sécurité du Kosovo (FSK) sont d'anciens combattants de l'UÇK. Cette force, qui doit compter 2.500 hommes et 800 réservistes, ne sera pas totalement opérationnelle avant plusieurs années. Dans un premier temps équipée d'armes légères, elle sera chargée principalement de missions de protection civile. L'Alliance atlantique insiste d'ailleurs pour ne pas désigner la FSK comme une armée proprement dite.