Le 20 juillet 1974, à l'aube, l'aéronavales turques attaquent la République de Chypre. C'est la guerre contre un Etat indépendant et non-aligné par un pays membre de l'OTAN. L'invasion qui s'ensuit était planifiée par le Secrétaire d'Etat américain Henry A. Kissinger et organisée par le Pentagone et l'OTAN qui l'ont armée. Une partie de la Sixième flotte américaine couvre l'opération Attila sur place.La Grèce qui est co-garante de l'intégrité de Chypre ne peut intervenir : la Junte mise en place par la CIA, en novembre 1973, après avoir écrasé les étudiants de l'Ecole Polytechnique d'Athènes, provoque un coup d'Etat à Nicosie pour assassiner "les communistes" et le Président Makarios. Le "Premier ministre" grec est un avocat de Chicago, le "ministres des Affaires étrangères" et celui de l' "Intérieur", des membres notoires de la CIA.Pendant qu'on massacre des milliers de Chypriotes au napalm, et qu'on déporte par centaines des citoyens de ce pays dans les camps de concentration de l'Anatolie, le Secrétaire Général de l'OTAN, Josep Luns, refuse d'écourter ses vacances. Pourtant deux pays de l'OTAN, la Grèce et la Turquie, sont en guerre sur le territoire d'un tiers et le conflit risque de se généraliser. Pendant qu'on tue, pille et viole dans un pays d'Europe, l'Europe s'unissent dans la lâcheté. Au public on raconte que "c'est une bagarre entre grecs et turcs"… Depuis 1974, Ankara a déployé des milliers de soldats, finance une économie à bout de souffle et a volontairement fait venir plus de 110 000 colons turcs pour peupler et occuper le nord de l'île. Cette occupation militaire est toujours dénoncée par les chypriotes grecs. En votant contre le plan de réunification en avril 2004, ils ont clairement signifié qu'ils refusaient le maintien de l'armée turque.